Avec une superficie au sol de 35.000 m² pour un total de 113.000 m² répartis sur un sous-sol, un rez-de-chaussée et six étages, la nouvelle clinique du MontLégia a de quoi impressionner. De par sa taille, mais aussi son architecture et son ergonomie. L’établissement basse énergie a été pensé pour apporter facilité et confort tant au patient qu’au personnel soignant.

 

La construction de la clinique du MontLégia bat son plein. L’ouverture du nouvel hôpital du CHC, à Liège, est prévue dans le courant de l’année 2019. D’ici là, les forces de travail continuent de s’activer sur le chantier et les automobilistes qui longent l’autoroute A602 en direction de Bruxelles peuvent déjà mesurer l’ampleur du projet.

 

La fusion de trois hôpitaux

Dans le cadre d’une profonde réflexion stratégique, le groupe hospitalier liégeois a décidé en 2002 de regrouper sur un site unique l’ensemble des activités de trois de ses six cliniques : Saint-Joseph à Liège, Espérance à Montegnée et Saint-Vincent à Rocourt. « Au départ, nous n’avions pas défini s’il s’agirait de l’extension d’un site existant ou de la création d’un nouveau site, explique Marc Sonnet, Directeur technique et des infrastructures du CHC. Lorsque nous avons trouvé le site de l’ancien charbonnage Patience et Beaujonc, à Glain, le choix s’est orienté sur la construction d’un nouvel établissement. »

 

 

CHC MontLégia vue aérienne

 

 

Les premiers travaux ont commencé en 2014, avec l’assainissement des sols et le terrassement. Le gros œuvre est intervenu un an plus tard. « Une des particularités dans le phasage des travaux est d’avoir choisi que les abords du nouveau bâtiment soient propres avant l’arrivée des différents corps de métier affectés aux travaux intérieurs. Pour éviter de propager la boue jusqu’à la porte d’entrée de la clinique, et parce que nous savons que les entreprises resteront en place jusqu’au dernier jour. Nos parkings ont donc été réalisés très tôt. »

 

Une autre particularité du projet, et pas des moindres, est que sa construction est liée à la création d’un nouveau pont enjambant l’autoroute, de quatre bretelles de sortie et d’un giratoire. « En tant que clinique, on officie comme maître d’ouvrage dans la réalisation de ces éléments, s’enthousiasme M. Sonnet. C’est évidemment un gros avantage pour nous de disposer d’une sortie d’autoroute qui mène directement à la clinique, à 300 mètres de l’entrée du parking. »

 

Des adaptations faciles

Des fondations profondes par pieux ont été nécessaires pour assurer la stabilité du bâtiment. Cette pratique, plutôt classique en Flandre, est très peu répandue en Wallonie. « Comme il s’agit d’un terrain minier, de remblais, les calculs ont démontré qu’on devait recourir à ce procédé, explique M. Sonnet. Plus de 2.600 pieux d’une moyenne de 20 mètres ont été employés, ce qui représente environ 54 kilomètres de pieux placés bout à bout. » Il s’agit aussi de l’une des premières cliniques construites sur base du nouveau code européen de construction parasismique, l’Eurocode 8 (EC8). « Pour le reste, il s’agit d’un bâtiment de construction classique colonnes-poutres qui offre un maximum de flexibilité, poursuit-il. Comme toutes les cliniques, on essaie d’avoir le moins de murs intérieurs, de murs porteurs et de maçonnerie afin de pouvoir facilement démonter et remonter les structures en fonction des évolutions hospitalières fréquentes. »

 

 

Montlégia Liège

 

 

Les plafonds et les cloisons amovibles sont en plâtre. Et, dans la partie consultation, des cloisons métalliques démontables ont été choisies pour favoriser davantage encore la flexibilité.  « Le bâtiment est prévu pour faciliter les extensions potentielles. Nous avons insisté pour que la stabilité du bâtiment soit telle qu’il puisse accueillir un nouvel étage, voire deux étages pour certaines ailes. De la même façon, que ce soit au niveau du gainage de ventilation ou du raccordement électrique, tout est prévu pour simplifier le processus. Il suffit de construire le nouvel étage, de se raccorder à l’étage du dessous et c’est réglé. »

 

Une enveloppe performante

En ce qui concerne les choix énergétiques, la position du CHC de Liège est claire : « Plutôt que de produire de manière verte ou écologique, on prend avant tout garde à ne pas consommer, affirme M. Sonnet. La meilleure énergie, c’est celle que l’on ne consomme pas. » C’est ce postulat qui a encouragé les auteurs du projet à mettre l’accent sur la performance de l’enveloppe du bâtiment. « L’étude de multiples scénarii a conclu que le défi le plus important pour notre institution ne serait pas de la chauffer mais de la refroidir. Nous avons demandé une bonne étanchéité à l’air, notamment pour avoir aussi une parfaite étanchéité acoustique, qui est essentielle compte tenu de la proximité avec l’autoroute. Du coup, nous avons un bâtiment qui atteint un niveau d’isolation thermique de K30, ce qui n’est pas mal du tout pour un établissement de cette taille. » Les plafonds chauffants et rafraîchissants présents dans toutes les chambres, les locaux de consultation et les bureaux assureront le refroidissement du bâtiment.

 

En matière de conception énergétique dans la production de froid, le nouvel hôpital se situe dans un régime 10-15°C. « Cela nous permet de réduire la consommation électrique de l’ordre de 20 % sur le site par rapport à une solution classique », précise le Directeur technique. Et pour résoudre les problèmes de déshumidification des locaux qui le nécessitent, l’institution a opté pour des pompes à chaleurs qui descendent de 10-15°C à 6-12°C. « Pour couronner le tout, entre la production de chaud et la production de froid, nous avons placé des pompes à chaleur qui récupéreront l’énergie entre les deux flux. Elles nous permettront d’obtenir des rendements extrêmement élevés, intéressants pour la production de chaud et de froid. »

 

Un maximum de lumière naturelle

La clinique sera aussi entièrement équipée d’un système d’éclairage LED et, pour assurer un environnement lumineux agréable, tout a été mis en œuvre pour favoriser l’éclairage naturel. « Au niveau des locaux de consultations, des verrières sont prévues pour faire entrer la lumière du jour, développe M. Sonnet. A l’entrée du bâtiment, un atrium sur cinq étages permet aussi de l’accueillir largement et, au niveau des unités de soins, nous avons créé des zones de rencontres entre les patients et les visiteurs, des couloirs de sept mètres de large inondés par la lumière naturelle grâce aux grandes baies vitrées qui offrent aussi une vue admirable sur la ville de Liège. »

 

 

Montlégia Liège

 

 

Le bien-être et le confort des patients et du personnel hospitalier seront également favorisés par l’architecture et l’ergonomie du nouvel édifice. Les parties blanches du bâtiment hébergeront les consultations et les unités de soins, réparties au rez-de-chaussée et dans les étages, avec une aile axée adulte et une autre dédiée à la maternité et à la pédiatrie. « Les unités de soins sont construites en croix, avec un local de garde au milieu, remarque M. Sonnet. Plutôt que d’avoir un couloir classique de 50 mètres, ici, chaque branche mesure plus ou moins 20 mètres, ce qui facilitera le travail infirmier. » Les parkings sous-terrain permettront un accès direct aux différents services.

 

Les parties noires, à l’arrière, seront consacrées aux aspects dits médicotechniques. « A savoir les services lourds de la clinique, comme les urgences, les soins intensifs, le bloc opératoire, le laboratoire, etc. », précise M. Sonnet. Un couloir permettra les transferts d’une partie à l’autre. « La particularité de la façade noire, comme de la façade blanche, est qu’elle est en céramique. Plutôt que d’avoir un bardage ou une façade métallique, en aluminium ou en stratifié massif, voire en brique, on a opté pour de la céramique. Le blanc rappelle la couleur de l’hôpital et le noir anthracite celle du charbonnage, pour le clin d’œil historique. »

 

 

Encore quelques chiffres

€ 260 millions : budget total pour la construction de la clinique (parkings et abords compris, hors matériel médical et mobilier)

200 m : longueur des deux ailes d’hébergement

2.000 : places de parking

40 : ascenseurs disponibles sur le site

8 : AGV (véhicules automatisés et autoguidés), appelés aussi robots tortues, destinés à déplacer les chariots au sein de l’hôpital

720 : lits d’hospitalisation classique

120 : places d’hôpital de jour

2.800 : nombre de collaborateurs (salariés, médecins et prestataires indépendants) qui travailleront à la clinique du MontLégia