D’ici 2025, les Cliniques Saint-Luc connaîtront une série de transformations majeures. Le projet « Hôpital 2025 » prévoit notamment la construction de trois nouveaux bâtiments, ainsi que la rénovation des structures existantes, la mise en place d’une plateforme informatique intégrée et l’optimisation des processus au sein de l’hôpital. Coût total de l’investissement : 400 millions d’euros.

 

Lancé en 2015, le plan stratégique des Cliniques universitaires Saint-Luc (« Hôpital 2025 ») reflète la volonté de l’institution de s’inscrire dans un processus d’optimisation permanente. « L’hôpital est une très grande organisation qui requiert une amélioration continue, affirme Renaud Mazy, Administrateur délégué des Cliniques Saint-Luc. Il est nécessaire de remettre constamment en question les méthodes de travail autour de la prise en charge du patient afin d’améliorer la qualité des soins, d’encourager les équipes à se dépasser au sein de l’institution, et de favoriser la recherche qui soutient les thérapies futures. »

 

« L’Hospitacité », une nouvelle tour d’hospitalisation

La métamorphose la plus spectaculaire des Cliniques Saint-Luc réside certainement dans la construction de sa nouvelle tour d’hospitalisation, « Hospitacité », un édifice de 52.000 m² qui sera érigé face à la tour d’hospitalisation actuelle. « La tour existante, merveilleusement bien construite à la fin des années 1960, ne répond plus aujourd’hui aux nouveaux modes de prise en charge des patients, explique R. Mazy. Une nouvelle tour d’hospitalisation doit donc être reconstruite, nous n’avons pas le choix. Le socle du bâtiment actuel, en revanche, qui comprend les espaces de consultation, le plateau médico-technique, le quartier opératoire, l’interventionnel, la radiologie, etc., sera lui rénové, ce qui permettra de minimiser l’investissement. »

 

Afin de favoriser la convivialité et le bien-vivre au sein de l’institution, l’espace et la lumière tiennent une place de choix dans la conception architecturale du nouveau bâtiment. Et un soin tout particulier a été porté au choix des matériaux, afin de créer un environnement de soins agréable et d’engager l’hôpital dans une démarche de développement durable. Saint-Luc sera aussi reconnecté au campus universitaire de l’UCL[1] et au Métro environnants par le biais de larges passerelles et d’esplanades végétalisées. « En termes de dynamisme et d’urbanité, il est important de reconnecter l’ensemble des infrastructures. » La pose de la première pierre du nouvel édifice est prévue pour 2021. La rénovation complète du socle du bâtiment actuel s’achèvera en 2023.

 

Deux autres chantiers

D’autres bâtiments vont voir le jour sur le site des Cliniques universitaires Saint-Luc : l’Institut Roi Albert II et l’Institut de Psychiatrie Intégré. La construction du premier commencera en automne 2018. D’une superficie de 17.000 m², il rassemblera l’ensemble des activités de cancérologie et d’hématologie de Saint-Luc. « La construction de ce bâtiment a pour objectif de donner plus de visibilité à notre centre spécialisé dans le diagnostic et le traitement des cancers de l’adulte et de l’enfant, indique R. Mazy. Mais aussi d’offrir au patient l’environnement le plus propice à sa guérison, et d’améliorer encore le travail multidisciplinaire des équipes médicales et soignantes qui travailleront en étroite collaboration sur le même site. »

 

L’Institut de Psychiatrie Intégré, dont le démarrage est prévu début 2019, rassemblera les Services de psychiatrie adulte et de psychiatrie infanto-juvénile des Cliniques Saint-Luc ainsi que la Clinique Sanatia, actuellement implantée à Saint-Josse. Il permettra la création d’un trajet de soin intégré de la prime enfance à la vieillesse et proposera toute la palette de soins allant du plus aigu au plus chronique. Le bâtiment de 9.000 m² sera divisé en secteurs distincts qui accueilleront d’un côté les enfants et les adolescents et, de l’autre, les adultes. Il sera construit dans le bas du campus de l’UCL, au bord de la réserve Natura 2000 qui longe le boulevard de la Woluwe.

 

Un système informatique à la pointe

A côté de la transformation physique des Cliniques Saint-Luc intervient aussi la transformation virtuelle de l’institution, avec l’adoption d’un nouveau système transversal d’information médicale et soignante, le Trajet Patient Intégré et Informatisé (TPI²). Ce dernier sera à l’origine de toute une série d’évolutions, qui seront autant de petites révolutions. « Il permettra la traçabilité complète de tout de ce qui est administré au patient, ainsi que de tous les examens, actes chirurgicaux et autres soins réalisés sur sa personne, affirme R. Mazy. Etant donné que nous aurons accès aux bases de données des meilleurs hôpitaux universitaires américains, nous pourrons comparer nos prises en charge médicales à celles qui sont pratiquées ailleurs ». L’avantage économique est également avancé : « Le système va non seulement nous permettre d’améliorer la qualité des soins mais il va aussi nous aider à mieux maîtriser les coûts. »

 

Et la liste de s’arrête pas là. Il est aussi question d’une meilleure connexion entre le patient et l’hôpital : prises de rendez-vous  facilitées, échanges directs entre le patient et son médecin, échanges directs entre le médecin généraliste du patient et le médecin hospitalier… « Sans oublier que le patient sera plus facilement éligible pour des protocoles de recherche puisque son dossier sera à portée de quelques clics », ajoute R. Mazy.

 

L’aide au diagnostic

Un dernier point mis en relief par R. Mazy au sujet du TPI² vise l’intelligence artificielle. « Tout dossier patient informatisé collecte beaucoup de data. La puissance de la solution que nous avons choisie, ainsi que les développements en cours de réflexion, peuvent nous permettre d’ici trois ou quatre ans d’intégrer l’intelligence artificielle et de proposer une aide à la décision. Ce ne sera jamais qu’une aide évidemment puisque la décision revient toujours au médecin et on ne changera pas cela. On le voit déjà aujourd’hui, des applications permettent  d’anticiper des complications non détectables par l’humain et ce, même s’il s’agit du médecin le plus aguerri. En termes de recherche, d’innovation et de qualité des soins, l’intelligence artificielle va permettra d’aller plus loin encore. L’innovation faisant partie de notre ADN, nous poursuivrons dans cette voie. »

 

L’accréditation en perspective

Enfin, engagées dans une dynamique de constante remise en question et d’amélioration continue, les Cliniques Saint-Luc ont pour ambition d’atteindre les objectifs fixés par l’Organisation canadienne de normes en santé (HSO), un organisme international d’accréditation. « Nous serons accrédités avant l’été 2019. »

 

[1] La Faculté de médecine de l’Université catholique de Louvain (UCL) se situe à Woluwe-Saint-Lambert, à proximité immédiate des Cliniques universitaires de Saint-Luc.