Les huit étages de la tour centrale de la Clinique Saint-Luc à Bouge (Namur) ont été complètement rénovés. Un étage supplémentaire a vu le jour sur un bâtiment annexe pour accueillir la gériatrie, de même qu’un nouvel étage technique, sans oublier l’aménagement d’une cafétéria. Un chantier de 30 millions d’euros, financé à 85 % par le Fédéral avec une belle prouesse : la rénovation en pleine activité dans le bâtiment existant.

 

La clinique a été construite en 1974. Le moment était venu de la rénover et de profiter de l’occasion pour l’agrandir afin de mieux répondre aux besoins des patients et du personnel. Les travaux ont commencé en 2011. « Nous avions deux projets : la rénovation de l’actuel avec un gros-oeuvre correct et l’extension, » explique Paul d’Otreppe, Directeur général. « Mais l’extension supposait notamment des dossiers relativement longs. Nous avons donc décidé de maintenir l’existant puisque le système de financement de l’infrastructure au niveau Fédéral était un fait. »

 

Un véritable jeu de chaises musicales

Le choix s’est donc porté sur une rénovation en pleine activité dans le bâtiment actuel. « Nous avons décidé de réaliser deux plateaux provisoires, à savoir la gériatrie et l’administration. Ensuite, les travaux ont été effectués du bas vers le haut pour rénover la totalité de la tour d’hospitalisation, le tout en coupant les deux flux. »

 

Une tour d’ascenseurs provisoire a été érigée à l’arrière de la clinique, les ouvriers l’empruntant et s’intégrant dans le chantier sans être vus. Tout le matériel était acheminé de la même façon. Il y avait en outre un étage technique entre le – 02 et la base de la tour. Pour chaque étage, « On a commencé par le gros-oeuvre en cassant tout. Le mois d’après, on passait à l’étage suivant, où l’on démolissait tout en faisant la finition en bas. Il était plus confortable que le bruit provienne de l’étage en dessous qu’au-dessus car vous aviez une isolation naturelle entre les patients et les bruits de la démolition. Les patients du niveau 3 étaient ensuite déplacés au niveau 1. Certains travaux plus bruyants tenaient également compte de la présence du personnel et des patients. Nous avons ainsi pu monter d’étage en étage en consacrant deux mois pour le gros oeuvre, deux mois pour les finitions et puis repasser aux activités, le déménagement d’un étage ne demandant que trois heures ! Ce jeu de chaises musicales s’est déroulé ainsi jusqu’en haut. Nous avons travaillé avec moins de lits tout en étant virtuellement à 100 % tout le temps. Cela a été un travail de réflexion en interne avec beaucoup de concertations. Nous avions le stress des infections possibles que nous n’avons heureusement pas eues grâce aux mesures préventives mises en oeuvre. L’ensemble a été bien suivi et maîtrisé. »

 

A noter que le projet était supposé se terminer fin 2013. La présence d’amiante a tout bloqué pendant un an. Fort heureusement, la régionalisation est aussi passée à la fin 2014. C’est pour cela que à l’exception d’un étage qui est la psychiatrie, la totalité des chambres d’hospitalisation a pu être restaurée.

 

D’un hôpital consommateur d’énergie à un hôpital vert

En 1974, on imaginait qu’il n’y aurait plus autre chose que du nucléaire en Belgique. Saint-Luc était donc une clinique faisant tout à l’électricité. La première phase a été d’isoler le bâtiment correctement, ce qui a été réalisé par le prédécesseur de Paul d’Otreppe. La deuxième phase a consisté à optimiser le coût énergétique. « Il fallait passer à l’eau chaude sanitaire puis à la cogénération c’est-à-dire d’un hôpital consommateur d’énergie à un hôpital vert. Techniquement, cela explique aussi les travaux réalisés du bas vers le haut. »

 

La Clinique Saint-Luc compte à présent 390 lits physiques hôpitaux de jour compris et emploie 1.200 personnes dont 850 ETP. Si la moyenne en Belgique est de travailler à 60 % de taux d’occupation pour les hôpitaux, elle s’y situe à 86 %. Nous avons ici un hôpital très compact (85 m²/lit) avec un fort taux d’occupation et 116 % d’activité justifiée. Très à l’écoute du personnel et des patients, décision a été prise de construire également un parking de 600 places et une tour de fluidité à l’arrière de la tour actuelle car le nombre d’ascenseurs est trop limité par rapport aux besoins.

 

« Et pour le futur, dans un souci d’efficience, nous avons opté pour le partage d’outils de pointe et de compétences avec d’autres hôpitaux. Une façon de rencontrer notre responsabilité sociétale. »