Volontariat à la maison de repos et de soins Sint Bavo de Wilrijk

 

La maison de repos et de soins Sint Bavo de Wilrijk est l’un des huit centres de repos et de soins des ‘Gasthuiszusters van Antwerpen’. Elle héberge 120 personnes atteintes de démence et en état de dépendance physique. L’équipe de volontaires est composée d’une vingtaine de personnes, qui viennent contribuer aux soins par conviction. “Nous attendons beaucoup des volontaires”, affirme Ida Verleyen, manager des soins de Sint Bavo Wilrijk.

 

Les personnes atteintes d’un début de démence résident dans de petites unités de vie à Sint Bavo. L’établissement propose en outre un habitat groupé pour les personnes atteintes de démence modérée ou avancée. Ici, les pièces sont plus grandes. En raison du fonctionnement spécifique de la maison de repos et de soins, les volontaires y exercent également des tâches spécifiques selon un canevas fixe.

 

“Étant donné que notre maison de repos et de soins promeut une ambiance chaleureuse et familiale, nos volontaires travaillent aussi dans de petites unités de vie. Afin de garantir une sécurité et une autonomie maximales aux résidents, nous avons besoin de volontaires qui soutiennent nos collaborateurs.
Dans un habitat de petite taille, le volontaire participe avec le résident aux activités quotidiennes normales : cuisiner, faire les courses, jardiner, … Dans un système d’habitat groupé, les volontaires contribuent à une occupation de la journée pleine de sens, avec des activités de chant, de danse, de gymnastique, des sorties au parc, … Les personnes atteintes de démence sont souvent en recherche de quelque chose et angoissées. Nous voulons dès lors les apaiser en les entourant de visages familiers, tant du personnel que des volontaires”, affirme Ida Verleyen.

 

Sint Bavo compte actuellement une vingtaine de volontaires et place la barre haut

“Nous attendons en effet beaucoup de leur part”, embraye Ida Verleyen. “Ma sélection des volontaires est (presque) aussi sévère que celle qui prévaut lors du choix de nouveaux collaborateurs, parce que travailler avec des personnes démentes et les fréquenter est un domaine très vaste et complexe. Il faut se familiariser avec leur environnement. Ici, le volontaire doit également apprendre à bien connaître le résident et savoir comment il doit réagir dans certaines situations. Un exemple le montrera clairement. Si un résident est agité parce qu’il croit avoir un rendez-vous, le volontaire doit essayer d’ôter cette agitation sans opposition verbale. Le volontaire de Sint Bavo doit être bien dans sa peau, physiquement et mentalement, parce que la fréquentation de personnes démentes demande une certaine vigilance et une grande capacité d’empathie.”

 

Des tâches spécifiques bien délimitées

Il arrive donc que la manager des soins Ida Verleyen doive refuser des personnes qui viennent se présenter comme volontaires. Et c’est très difficile !

 

“Souvent, des personnes qui ne conviennent pas pour le marché du travail sont orientées vers le volontariat par le médecin du travail. Mais en réalité, je n’ai pas de simples petits boulots à leur proposer. Il y a bien un petit nombre de volontaires qui vient aider occasionnellement. En été par exemple, pour entretenir le jardin intérieur ou pour aller se promener avec les résidents. Mais la responsabilité des volontaires fixes est tellement grande ici que je dois pouvoir leur confier des tâches en ayant l’âme en paix. Je dois pouvoir leur faire totalement confiance”, explique Ida Verleyen.

 

Les tâches de l’équipe fixe de 20 volontaires sont bien délimitées. Chaque volontaire est également présent au moins un à deux jours dans la maison de repos et de soins

“La cafétéria fonctionne entièrement grâce à des volontaires, chaque après-midi de 14 heures à 17 heures, ainsi que le samedi et le dimanche. J’ai même une volontaire en or qui vient aider tous les jours pour le petit déjeuner et dans la cafétéria. On y cuit régulièrement des crêpes et des gaufres. Une partie des volontaires aide également lors des repas pris dans les unités de vie. À côté de cela, des volontaires fixes aident nos animateurs. Ici, le programme d’animations est entièrement intégré dans la vie quotidienne et le fonctionnement de la MRS. C’est ainsi que deux hommes viennent chaque mois cuire des gaufres, que nous allons au marché hebdomadaire et que nous nous rendons souvent au parc. C’est incroyable de constater que les résidents qui mangent très peu lorsqu’ils sont à table profitent d’une pomme fraîchement pelée lorsqu’ils sont assis dehors dans le parc. Créer une atmosphère de reconnaissance demande aussi une bonne capacité d’empathie de la part du volontaire”, affirme encore Ida Verleyen.

 

Une sélection sévère

Sint Bavo compte 120 résidents. L’équipe fixe de volontaires pourrait donc facilement être élargie.

 

“La sélection se déroule sur la base d’un entretien. Après celui-ci, le candidat volontaire collabore un petit temps à l’essai. Il reçoit le temps nécessaire pour s’adapter à l’environnement spécifique du résident. Souvent, c’est le volontaire lui-même qui indique que c’est trop pénible pour lui. La barre est placée relativement haut ici. Mais les choses sont telles que nous connaissons à peine une rotation des volontaires. La plupart d’entre eux restent ici des années, parce qu’ils nouent également des liens avec les résidents. Lorsque le courant passe, on reçoit en effet immédiatement beaucoup en retour. Le volontaire idéal, c’est celui qui contribue aux soins par conviction, cela doit venir du cœur… Il faut être attentif au résident et à ce qu’il exprime.”

 

“C’est un petit groupe – mais solide – pour lequel nous trouvons les bons profils lorsque nous cherchons de façon très ciblée. Souvent, nous trouvons des volontaires via des membres de la famille ou des proches de résidents. L’équipe se compose principalement de (jeunes) pensionnées, à l’exception de la cafétéria, où travaillent quelques hommes. La plupart viennent des environs. Nous sondons surtout les intérêts du volontaire. C’est ainsi que j’ai fait appel à quelqu’un qui aime rouler avec notre minibus. Grâce à cela, nous pouvons partir régulièrement en excursion avec quelques résidents. Le volontaire s’occupe également du véhicule, par exemple en lui faisant passer le contrôle technique. Un autre volontaire se rend chez la coiffeuse avec les résidents et lui donne un coup de main. Les résidents se rendent en effet à l’extérieur pour aller au salon de coiffure ou à la cafétéria. Ces lieux leur rappellent le passé. Il suffit de mettre son manteau et d’y aller. Lors de ces petits déplacements, des conversations s’entament spontanément entre le résident et le volontaire, qui apportent une plus-value pour les deux parties”, affirme Ida Verleyen.

 

L’intégrité des résidents

Les réactions des résidents au volontariat sont unanimement positives.

 

“Les résidents ne font généralement pas la distinction entre le personnel soignant et les volontaires. Nous respectons cependant scrupuleusement la répartition des tâches – un volontaire ne peut par exemple pas administrer des médicaments – mais les résidents ne perçoivent pas vraiment la différence entre les deux. C’est ce qu’il faut viser si l’on veut que l’environnement soit perçu agréablement. Le volontaire doit vivre et s’intégrer dans le monde du résident. L’intégrité du résident et le respect d’une personne atteinte de démence sont cruciaux. Il faut être capable de bien cerner son comportement et être discret dans certaines situations.”

 

“Les volontaires sont également invités, tout comme le personnel et les familles, notamment à la réception de Nouvel an. Cela rend le lien avec la famille des résidents encore plus étroit. Nous organisons aussi chaque année un petit dîner ou une autre activité pour les volontaires, afin de leur exprimer clairement notre reconnaissance.”

 

Et la manager des soins de Sint Bavo Wilrijk conclut sur une note personnelle : “J’ai travaillé 20 ans dans le monde de l’assurance et je suis passée dans le secteur des soins il y a quatre ans. Ici, la satisfaction est tellement plus grande, en raison du contact quotidien avec les gens. Lorsque je vois des volontaires avec des résidents, en train d’astiquer des chaussures ou de travailler dans le potager, je vois des gens heureux. Les résidents se sentent impliqués et utiles, tandis que le volontaire en tire également profit. C’est la synergie qu’il faut obtenir. C’est la raison pour laquelle je viens travailler chaque jour avec plaisir…”