“Une communication intelligible entre aides-soignants et infirmiers constitue la base d’une bonne collaboration”

L’hôpital gantois AZ Sint-Lucas a élaboré une politique claire en matière d’intégration d’aides-soignants dans des équipes d’infirmiers. Le chef du service des soins, Maarten Casier, responsable du programme de soins gériatriques et du service SP Chronique, et Els Vanblaere, directrice du personnel infirmier, expliquent leur approche.

“L’AZ Sint Lucas fait appel à des aides-soignants pour les soins de base et les soins de confort. Ils forment en cela un tandem bien rodé avec les infirmiers”, explique Maarten Casier. “Dans ‘mes’ services, le rapport infirmiers-aides soignants est de 80-20. Le point d’attention majeur en ce qui nous concerne porte sur la communication entre ces deux groupes professionnels. Cela exige des accords clairs et d’un rapportage limpide, car les aides-soignants se chargent de certains soins. Au début, il a fallu un peu s’habituer. En fonction de la charge de travail, il se peut que les paquets de tâches, pourtant minutieusement décrits, se chevauchent. Le personnel infirmier se charge d’ailleurs aussi de tâches logistiques ou soignantes.”

 

Certains hôpitaux font le choix de ne pas employer d’aides-soignants. Pourquoi l’AZ Sint-Lucas a-t-il fait le choix opposé? Y a-t-il des points d’attention?

“Les hôpitaux qui possèdent un staff infirmier important en journée décident parfois de ne travailler qu’avec des infirmiers”, raconte Maarten Casier, “mais grâce aux aides-soignants, la charge de travail des infirmiers d’un service se voit sensiblement allégée”. Els Vanblaere confirme: “Les actes que les aides-soignants peuvent légalement poser sont clairement cités dans la description de la fonction d’aide-soignant. Souvent, on constate que le personnel soignant sait en théorie ce qu’il est autorisé à faire ou non, mais dans des situations concrètes, il n’est pas toujours aussi facile de faire la distinction. C’est à l’infirmier en chef à traduire cela concrètement dans une pratique réaliste, tout en tenant compte du profil du patient. Il est bien plus facile certes de travailler avec une équipe où tout le monde a le même profil professionnel, mais nous trouvons que faire appel à des aides-soignants confère une importante valeur ajoutée pour le patient. Ceci nécessite toutefois un cadre et une communication intelligibles, une dose de confiance et une bonne collaboration. Il revient à l’infirmier en chef de convenir d’accords clairs avec les membres de son équipe et d’en assurer le suivi. Il peut aussi tenir compte dans l’organisation du service de patients nécessitant des soins peu complexes et chez qui l’aide-soignant peut poser de nombreux actes de base.”

 

Les actes que les aides-soignants peuvent poser sont fixés par l’AR 78, mais celui-ci va être révisé dans les prochaines années. Quels accents devront être mis?

Els Vanblaere: “Nos aides-soignants sont très forts dans les soins de base. Ils sont pour ainsi dire les antennes, les yeux et les oreilles, capables de rapidement détecter des problèmes dans le cadre de ces soins de base. Je pense que dans la formation d’aide-soignant, on pourrait davantage leur faire prendre conscience de leur responsabilité, davantage aussi mettre l’accent sur l’exécution indépendante des taches confiées, sur la communication avec les infirmiers, sur le rapportage clair dans le dossier infirmier, etc. Ils pourraient ainsi remplir avec professionnalisme des taches délimitées. En termes de contenu, la formation pourrait plus être plus solide, comme par exemple expliquer le pourquoi de mesures préventives contre les ulcères de décubitus chez un patient.”

Maarten Casier: “Un trajet de formation est prévu pour les nouveaux membres du personnel soignant sur base d’une liste d’objectifs à échéance de 3, 6 et 12 mois. Pendant un an, ils reçoivent un accompagnement par un collègue expérimenté et sont suivis par l’infirmier en chef.” Els Vanblaere: “Notre description de fonction des aides-soignants est basée sur le ‘Profil professionnel et de compétences de l’aide-soignant’ du Conseil national de l’Art infirmier (approuvé le 29/3/2012). Cette description de fonction a servi de base à la liste des objectifs. Le trajet de formation part de ses objectifs et c’est indispensable. A partir de l’année prochaine, nous prévoyons des places de stage pour des aides-soignants dans nos services SP existants et nouveaux. Ceci est bien sûr important pour l’embauche d’aides-soignants dans le futur. Tout comme pour d’autres métiers, cela nous permettra d’inciter des étudiants à venir travailler chez nous. Et nous pallions aussi en partie à la pénurie d’infirmiers qui nous attend”, conclut Els Vanblaere.