S’il est encore trop tôt pour donner les politiques du Gouvernement wallon en matière de soins de santé, Maxime Prévot nous livre les siennes. En effet, elles n’ont pas encore été soumises au Gouvernement ni validées. « Si je ne peux pas encore les présenter comme étant du Gouvernement, voici en tout cas quelques axes principaux en ce qui me concerne et la politique que je souhaite mener. »

Maxime Prévot cible essentiellement trois aspects : le secteur hospitalier, la première ligne et l’allongement de la vie.

«Incontestablement notre paysage hospitalier va devoir subir une mutation.Et mon souhait est de pouvoir effectivement déterminer le cadre qui favorisera les rapprochements, les fusions entre les différents acteurs hospitaliers et donc avoir à l’égard du secteur en quelque sorte la même logique que celle qui a présidé au niveau de l’enseignement ces dernières années. Pour la partie soins, il y a une nécessité eu égard à la raréfaction des moyens publics mais aussi pour une question de qualité des prestations et la masse critique d’actes qui dans certaines disciplines doivent être posés pour garantir justement cette qualité. Il faut par bassin de soins optimaliser, peut-être même rationaliser, l’offre et s’assurer qu’il y ait une évolution du paysage par rapport à ce que l’on connaît actuellement en allant davantage vers la spécialisation. Bien sûr, il faut sur le plan médical que chacun ait la capacité de pouvoir à proximité trouver de quoi pouvoir soigner la problématique aiguë qui est en train de survenir. Et après, réorienter vers les structures qui sont spécialisées pour la revalidation, les opérations, les examens complémentaires. Il ne faut pas chercher à faire tout partout.»

Les soins de première ligne

«Nous avons et c’est ma volonté, la capacité de pouvoir mieux structurer dans une logique de complémentarité et de meilleure coordination les différents acteurs de la première ligne de soins. Le médecin généraliste est incontestablement l’élément pivot mais il faut harmoniser et mieux travailler avec l’ensemble de la confédération, des kinés, des infirmiers, etc. qui gravitent et sont aussi des interlocuteurs de proximité pour les concitoyens. La réorganisation pour renforcer cette première ligne de soins est vraiment essentielle. Avec une particularité plus forte encore en milieu rural où l’on sait qu’il y a aussi une pénurie d’installation de médecins généralistes.»

Les soins pour personnes âgées

Enfin, nous avons la chance d’avoir un allongement de la vie mais c’est aussi un défi important. «Cela s’accompagne de nombreux enjeux à devoir relever singulièrement, l’articulation entre les enjeux de santé et de cohésion sociale. C’est notamment le maintien à domicile. C’est aussi le respect des acteurs dans chacun de leur rôle. Une aide familiale n’est pas un infirmier. La aussi, il y a matière à clarification. Le maintien à domicile est essentiel mais pour qu’il puisse se faire, il faut que les conditions soient créées. On soulignera l’enjeu du statut des aidants proches qui ont un rôle essentiel à jouer. »

«Il n’y aura pas de coupes sombres comme on l’a entendu dire mais la nécessité de faire les choses autrement avec un cadre budgétaire qui sera plus étriqué. Il est certain que le Gouvernement et c’est clairement mon intention n’a pas considéré le secteur des soins de santé comme étant celui qui pouvait faire les plus larges contributions à l’effort de retour à l’assainissement des finances publiques. Je mentirais en disant qu’il est totalement exonéré de devoir faire une part d’effort mais le premier effort, il est interne au Gouvernement dans les dépenses de fonctionnement et dans une optimalisation de ses dépenses publiques. On va devoir réduire un peu notre voilure pour ne plus vivre au-dessus de nos moyens c’est clair, mais je pense que le secteur peut être à priori rassuré; il n’est pas dans la ligne de mire. »