Après la mise en œuvre de la sixième réforme de l’Etat, le budget total de 2015 pour le bien-être, la santé publique et la famille s’élèvera à plus de 10 milliards d’euros. Des économies sont toutefois également réalisées et la cotisation à l’assurance soins est doublée. Des investissements seront néanmoins réalisés dans le bien-être, les soins et la famille. 65 millions d’euros supplémentaires sont prévus pour 2015 et plus de 500 millions d’euros pour toute la durée de la législature. L’on s’attellera notamment à la mise en œuvre du décret portant le financement qui suit la personne et au développement des capacités des soins aux personnes âgées.

 

Pour l’instant, c’est le silence radio en ce qui concerne la mise en pratique concrète des nouveaux soins aux personnes âgées. Pendant les premières années, il sera sans doute opté pour un maintien du financement actuel. En attendant, des résidences courtes dans les logements à assistance et des nouveaux concepts dans les centres de services de soins et de logements sont expérimentés… De nombreux défis devront être relevés. Le développement des capacités des soins aux personnes âgées implique une révision de la norme de programmation. Cela semble par ailleurs tout à fait logique étant donné que les projections de population indiquent que l’espérance de vie augmentera et que nous aurons tous une meilleure santé. C’est pourquoi il est inutile de déterminer la programmation à partir de 65 ans, car la plupart des résidents des centres de services de soins et de logement ont aujourd’hui plus de 80 ans.

Mais qu’en est-il des autres thèmes ? Prenons par exemple la gestion et le contrôle du prix de jour. Après une période de transition, cette compétence sera entièrement transférée à la Communauté flamande à partir du 31 décembre. Quelle politique la Flandre mènera-t-elle dans ce domaine ? Optera-t-elle pour une simplification de l’indexation ? Ou pour des critères plus strictes en ce qui concerne la fixation et la modification des prix?

La Flandre procèdera-t-elle à l’instauration d’un budget d’assistance personnelle (BAP) en faveur des personnes âgées ? L’autonomie et le pouvoir de décision sont de beaux principes, mais tout le monde est-il en mesure d’assurer sa propre gestion des soins ? Et si la piste du BAP est envisagée, le secteur (et surtout l’emploi) des centres de services de soins et de logement risque d’être déstabilisé.

Une nouvelle politique en matière de personnes âgées s’impose. Mais vieillir sainement est une responsabilité qui incombe à chaque Flamand. C’est pourquoi il faut miser sur la prévention, sur des mesures d’accompagnement et sur l’éducation sanitaire.

Quid du financement des soins ? La Flandre conservera-t-elle le modèle médical de l’INAMI ou bien optera-t-elle plutôt pour un engagement de résultat ?

Dans cinq ans, les centres de services de soins et de logement auront d’autres missions. Ce seront les personnes nécessitant des soins intensifs qui y habiteront et y seront soignées. Des liens seront établis avec le domicile de la personne. Les centres de services de soins et de logement se concentreront de plus en plus sur des groupes-cibles spécifiques. La qualité deviendra une norme de plus en plus importante qui subira la pression des économies. Quoi qu’il en soit, de nombreux changements nous attendent.